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Habitabilité de la France Étude de 1 236 territoires, horizons 2026-2076

Méthode

Comment des indicateurs départementaux deviennent deux notes — exposition au réchauffement, vie sur place aujourd'hui — puis un classement où le climat pèse 85 %.

Mise à jour :

Cette page décrit comment le classement est fabriqué : les poids sont publiés en clair, les arbitrages sont nommés, et les points où la méthode est faible sont signalés à l'endroit où ils se produisent plutôt qu'en annexe.

Deux notes, un classement#

Chaque département reçoit deux notes, de 0 (le plus favorable) à 100.

  • Exposition au réchauffement — ce que le climat change : chaleur, eau, catastrophes naturelles, agriculture et forêts, et ce qui en dépend directement (réseau d'eau potable, centrales refroidies par les fleuves, qualité de l'air, assurance des aléas). Les trois alertes — manque d'eau chronique, submersion marine, réseau d'eau potable fragile — comptent dans cette note.
  • Vie sur place aujourd'hui — la vie de tous les jours : médecins et pédiatres, écoles, emploi, prix du logement, transports, âge et évolution de la population, finances des communes, tensions sociales (délinquance, pauvreté, chômage des jeunes).

Le classement mêle les deux : 85 % pour le climat, 15 % pour la vie sur place. Le climat est la question du site, il domine. La vie sur place compte — mieux vaut savoir qu'il manque des médecins —, mais elle pèse peu : en 2050, le classement s'écarte du climat seul de 2 places en médiane, 14 au plus. Le partage a été essayé à 10, 15 et 20 % : à 10 %, la vie sur place ne changeait presque rien ; à 20 %, elle commençait à déplacer beaucoup de départements. C'est ce classement combiné qui donne le rang, la couleur de la carte et le verdict « mieux placé / moins bien placé ».

La note vie est celle d'aujourd'hui. Personne ne sait où seront les médecins ou les emplois en 2076 : chaque indicateur de vie sur place garde sa valeur actuelle aux trois dates. Le classement ne bouge donc dans le temps que par le climat.

C'est chaque indicateur, et non chaque domaine, qui est rangé dans l'une ou l'autre note : 41 indicateurs pour le climat, 23 pour la vie sur place. La liste est dans scores.json (meta.notes.etiquettes).

L'unité d'analyse#

Les 96 départements de France métropolitaine — codes 01 à 95, plus 2A et 2B. Chaque indicateur est renseigné pour les 96, ou marqué comme manquant avec sa justification.

Le classement s'arrête là, et rien n'est classé plus bas. Mais l'unité d'analyse n'est plus l'unité de lecture : le site se présente à la maille du territoire — les 1 236 intercommunalités et communes isolées de la métropole —, qui porte d'un côté le rang de son département, en disant chaque fois que ce rang décrit le département et non ce territoire, et de l'autre 67 grandeurs relevées chez lui : eau distribuée, radon, aléas, gouvernance de l'adaptation, bâti, distances aux services, accès aux médecins, prix des logements, revenus, altitude et densité. Cette descente couvre les 96 départements et non plus les seuls territoires de tête ; les deux familles se lisent séparément et ne se combinent jamais (pourquoi il n'existe pas de score de territoire). Voir Territoires et ce que la descente change.

Combien d'indicateurs, et lesquels#

Les 72 indicateurs mesurés se répartissent ainsi : catastrophes naturelles 9 · chaleur 8 · eau 8 · qualité de l'eau distribuée 8 · gouvernance 6 · santé 6 · éducation 5 · économie 4 · population 4 · agriculture 3 · infrastructures 3 · énergie 2 · vieillissement 2 · assurance 1 · biodiversité 1 · forêt 1 · immobilier 1.

Trois grandeurs différentes, à ne jamais confondre#

Trois nombres circulent couramment à propos de cette étude. Ils désignent trois choses différentes et ne sont pas interchangeables.

termevaleurdéfinition
indicateurs fusionnés72présents dans le fichier de données. Seule valeur directement mesurée.
indicateurs entrant dans le score national6472 moins les 8 indicateurs de qualité de l'eau, à poids nul délibéré — 41 dans la note climat, 23 dans la note vie
indicateurs à poids explicite51les autres prennent le poids de leur sous-domaine

Le passage de 72 à 64 tient aux huit indicateurs de qualité de l'eau distribuée, qui portent un poids nul, délibérément :

La chaîne de traitement#

8 domaines de recherche thématique
   └─ 1 dossier documenté + 1 fragment de données chacun
        code département, indicateur, valeur 2026 / 2050 / 2076,
        unité, sens, source, niveau de confiance, note
              └─ fusion et contrôle qualité
                    └─ normalisation par indicateur
                          └─ agrégation indicateur → domaine → deux notes
                                └─ classement : 85 % climat + 15 % vie sur place
                                      └─ analyse de sensibilité
                                            └─ classement + intervalles de rang

Le champ « sens », ou comment on inverse un classement sans s'en apercevoir#

Chaque indicateur porte un signe : + si une valeur élevée signifie un risque élevé, − si une valeur élevée est favorable.

Deux garde-fous sont en place : un validateur automatique qui vérifie la constance du signe dans chaque fragment et sa conformité à la grille ; et une convention explicite pour le cas le plus piégeux, les indicateurs exprimés en « % par rapport à l'actuel ».

Normalisation : pourquoi les percentiles sont calculés sur les trois horizons réunis#

Chaque indicateur est normalisé par min-max robuste sur les percentiles 5 et 95 — et non sur le minimum et le maximum, pour qu'un département atypique n'écrase pas toute l'échelle.

Le choix décisif est ailleurs : les percentiles sont calculés sur les trois horizons réunis, pas horizon par horizon.

Normaliser chaque horizon séparément rendrait chaque horizon relatif à lui-même et effacerait le signal de trajectoire : un pays uniformément dégradé en 2076 produirait exactement le même classement qu'aujourd'hui, avec les mêmes scores, et la carte ne montrerait aucun changement. Avec des percentiles communs, un score de 0,70 en 2076 se compare directement à un 0,70 en 2026 — c'est ce qui permet de lire la dégradation du territoire.

Les huit domaines#

domainece qu'il mesure
Chaleurjours ≥ 35 °C et ≥ 40 °C, nuits tropicales, durée des vagues de chaleur, îlot de chaleur urbain, potentiel de fraîcheur
Eausécheresses météorologiques et du sol, nappes, étiages, restrictions, tension sur la ressource, enneigement
Catastrophes naturellesinondation, submersion marine, recul du trait de côte, retrait-gonflement des argiles, feux, tempêtes, grêle, aléas géologiques, densité d'arrêtés de catastrophe naturelle
Agriculture et forêtsautonomie alimentaire, viabilité des systèmes agricoles, dépendance à l'irrigation, dépérissement forestier, vulnérabilité de la production électrique, biodiversité
Santé et servicesaccès aux généralistes et à la pédiatrie, démographie médicale, qualité de l'air dont ozone, maladies vectorielles, surmortalité caniculaire, réseau d'eau potable, mobilité, adaptabilité du bâti, petite enfance
Emploi et logementbassin d'emploi, dépendance aux secteurs vulnérables, télétravail, prix, primes d'assurance et désassurance, coût de la vie
Populationsolde migratoire, déprise démographique, densité et capacité d'accueil, structure d'âge
Préparation localematurité des politiques d'adaptation, maîtrise de l'urbanisation, stabilité de la gouvernance, tensions sociales (délinquance, pauvreté, chômage des jeunes), conflits d'usage de l'eau, finances locales

Chaque domaine a sa page : Par domaine. Un domaine peut mêler les deux notes : le domaine « Santé et services », par exemple, range les médecins dans la vie sur place et la surmortalité des canicules dans le climat.

Les poids, publiés en clair#

Il n'existe pas de pondération objective. Le poids relatif d'une canicule et d'un prix au mètre carré est un jugement de valeur, pas un résultat scientifique. Les poids sont donc publiés.

Voici le poids effectif de chaque domaine dans le classement, partage 85/15 compris, tel qu'il figure dans le jeu de données publié. La colonne somme à 1.

domainepoids
Chaleur0,0880
Eau0,2353
Catastrophes naturelles0,1624
Agriculture et forêts0,1529
Santé et services0,1640
Emploi et logement0,1001
Population0,0227
Préparation locale0,0746

Une seule pondération sert sur le site, « équilibré » : elle classe, colore la carte et fonde les verdicts. Le jeu de scores garde trois autres profils — sécurité physique, qualité de vie, cycle de vie — pour qui veut comparer, avec le même partage 85/15 ; leurs poids de domaine ne sont pas publiés, parce qu'ils ne recomposent pas exactement les scores publiés (le motif est écrit dans meta.poids_publies_absents). Ce choix compte d'ailleurs peu : il pèse bien moins que l'incertitude des données (le détail).

Incertitude : pourquoi aucun rang n'est affiché seul#

Le classement est accompagné d'une analyse de sensibilité : tirages de Monte-Carlo sur les poids et propagation de l'incertitude des indicateurs. Elle produit pour chaque département un intervalle de rang, dont la mesure est détaillée au seuil d'indiscernabilité.

Les tirages font varier les poids à l'intérieur de chaque note ; le partage 85/15, lui, reste fixe : aucun tirage ne rend à la vie sur place un poids qu'on ne lui donne pas.

Règle de présentation appliquée partout : aucun rang n'est affiché sans son intervalle. Si l'intervalle est absent, l'interface écrit « rang non stabilisé » plutôt qu'un rang nu. Deux départements dont les intervalles se chevauchent ne sont pas distinguables par cette étude.

Verdict, deux notes, évolution et alertes d'un département#

La carte, la page d'un département et la fiche d'un territoire disent d'un département, dans cet ordre : son verdict, sa note climat, sa note vie ; l'évolution d'ici 2076 est derrière « Voir le détail ». Rien n'est calculé dans le navigateur : tout est écrit par scripts/scoring.py dans le jeu des scores, et chaque page le lit.

Le verdict, à une date. Il porte le classement combiné et se lit sur la fourchette entière du rang (percentiles 5 et 95 des 5 000 tirages), jamais sur le rang seul :

VerdictLa fourchette tient entièrement…
nettement mieux placéentre le 1er et le 32e rang
plutôt mieux placéentre le 1er et le 48e rang
plutôt moins bien placéentre le 49e et le 96e rang
nettement moins bien placéentre le 65e et le 96e rang
l'étude ne peut pas trancherdans aucun de ces cas

Ces seuils — un tiers, une moitié — sont proposés, pas mesurés. Le rang exact et sa fourchette restent affichés, derrière « Voir le détail ».

La note climat — « Climat : nettement plus exposé », « plutôt moins exposé »… — suit les mêmes règles, sur la fourchette de la seule note climat (mêmes tirages). Elle change avec la date.

La note vie — « Vie sur place aujourd'hui : plus favorable qu'ailleurs », « dans la moyenne », « moins favorable qu'ailleurs » — dit dans quel tiers tombe le rang de la note vie : du 1er au 32e, du 33e au 64e, du 65e au 96e. Ce n'est pas un verdict sur fourchette : la note vie n'en a pas. Elle ne change pas avec la date.

L'évolution d'ici 2076. L'écart de score entre 2026 et 2076, en points. La note vie ne bougeant pas, cet écart ne vient que du climat. Au-delà de 9 points — le seuil sous lequel l'étude ne distingue pas deux scores —, la page écrit « l'exposition augmente nettement » ; en deçà, « l'exposition augmente ». Jamais un mot de niveau (« élevée », « forte ») : ses tranches seraient plus fines que ce seuil. 65 départements dépassent 9 points dès 2050, les 96 d'ici 2076.

Les alertes. Ce sont les règles de pénalité du modèle qui s'appliquent au département, nommées en français : manque d'eau chronique, submersion marine, réseau d'eau potable fragile. Elles comptent dans la note climat et s'écrivent sur sa ligne, entre parenthèses. Rien n'est écrit quand aucune ne s'applique : l'absence d'alerte n'est pas une garantie.

La place d'un territoire en France#

La carte pose une question : « Qu'est-ce qui compte le plus pour vous ? » — l'eau, les catastrophes naturelles, la vie sur place (gare, lycée, maternité, université), ou les trois à la fois. Ce sont les trois thèmes mesurés au territoire. La fiche d'un territoire donne sa place pour chacun des trois, comme la carte la colore.

Comment une réponse devient un ordre. Les territoires sont rangés sur les seules valeurs mesurées chez eux dans le thème choisi ; pour « les trois à la fois », sur les trois thèmes à parts égales. Rien ne vient du département, et la date n'y entre pas : ces mesures sont celles d'aujourd'hui. Un territoire où le thème n'est pas mesuré est non classable : il est hors de l'ordre, jamais dernier. L'ordre compte ainsi 1 235 territoires pour l'eau, 1 236 pour les catastrophes naturelles, 1 232 pour la vie sur place, 1 231 pour les trois.

Pourquoi des tiers, et parfois « entre deux tiers ». Refaire l'ordre en retirant une à une les grandeurs mesurées déplace un territoire, en médiane, de 175 places pour l'eau, 271 pour les catastrophes naturelles, 144 pour la vie sur place, 195 pour les trois (à l'intérieur d'un département, 2 à 3 places). En deçà de cet écart, deux territoires ne se distinguent pas. Un tiers fait environ 410 places, plus que chacun de ces seuils : c'est la précision la plus fine qu'ils autorisent. À moins de la moitié du seuil d'une limite de tiers (87,5 places pour l'eau, 135,5 pour les catastrophes, 72 pour la vie sur place, 97,5 pour les trois), la fiche dit « entre deux tiers » au lieu d'en choisir un : c'est le cas de 350 territoires sur 1 235 pour l'eau, 545 sur 1 236 pour les catastrophes naturelles, 289 sur 1 232 pour la vie sur place, 390 sur 1 231 pour les trois. La couleur de la carte, elle, reste celle du tiers. C'est la logique du verdict d'un département, lu sur toute sa fourchette.

Ce que ce n'est pas. Une position parmi des mesures, dans un thème — pas une note du territoire, ni un palier du lieu. Ce qui a été mesuré instable, c'est un palier tiré d'un score à 69,8 % départemental (pourquoi il n'existe pas de score de territoire) ; ici, le département n'entre pas. Le calcul est celui de la carte (classement/ordre.js), sur les positions des territoires.

Les cinq arbitrages qui façonnent le résultat#

Ces cinq décisions de construction sont plus déterminantes pour le classement final que la plupart des choix de données. Elles sont donc exposées ici plutôt qu'enfouies en annexe.

1. Ne pas corriger un défaut de mesure par une transformation mathématique#

Le solde migratoire était déclaré « valeur élevée = pression ». Normalisé linéairement, il faisait de Paris, avec −13 ‰, le meilleur département de France sur cet indicateur — absurde, puisqu'un solde très négatif signale une déprise. Les deux extrêmes sont défavorables.

La correction apparente serait une transformation en U : mesurer la distance à une bande optimale de 0 à +6 ‰/an. Elle ne tient pas devant les données : 16 départements se situent dans cette bande alors que leur population totale recule — Allier, Cher, Indre, Nièvre, Orne, Vosges et d'autres — parce que le solde naturel est désormais négatif dans une majorité de départements, et qu'un solde migratoire positif y traduit surtout l'arrivée de retraités, qui ne compense pas les décès.

2. Aucune élimination à la maille départementale#

Un critère éliminatoire fondé sur la submersion marine ou l'érosion côtière éliminerait des départements entiers alors que le risque est communal, souvent limité à quelques kilomètres de côte. La Gironde n'est pas inhabitable parce que Soulac recule ; l'Hérault n'est pas disqualifié parce que le lido de Sète est menacé.

Décision retenue :

  1. Aucune élimination binaire à la maille départementale. Un aléa concentré sur une fraction du territoire se traduit par une pénalité proportionnée à la part de population et de territoire réellement exposée, plafonnée pour qu'un risque localisé n'écrase pas un score.
  2. Exception : élimination admise si l'aléa est structurel à l'échelle du département entier. Toute élimination doit être nommée, justifiée et affichée distinctement. Aucune n'a été prononcée.
  3. Les critères éliminatoires prennent leur sens à la maille communale et parcellaire — c'est l'objet de la Checklist.
  4. Marquage systématique : tout département dont le score masque une forte hétérogénéité interne porte une qualification « moyenne trompeuse », visible dans sa fiche. Voir Résultats.

3. Une équipe peut affiner une définition, jamais un code ni un sens#

Une définition plus fine est acceptée — remplacer « épisodes par décennie » par « mois d'alerte ou plus par décennie » pour la fréquence des restrictions d'eau, par exemple — à condition qu'elle soit écrite dans le dossier et dans le contrôle qualité. Modifier un code d'indicateur ou son sens de lecture, en revanche, casse la chaîne de validation.

4. Chaleur et eau ne sont pas deux aléas indépendants#

C'est l'arbitrage le plus structurant, et il repose sur un fait physique établi.

Le déficit hydrique français ne vient donc pas d'un manque de pluie, mais d'un excès de perte, piloté par la température. La température est la variable de commande du manque d'eau.

Pondérer « chaleur » et « eau » comme deux aléas indépendants reviendrait à compter deux fois le même phénomène physique, et gonflerait mécaniquement le poids des aléas physiques face à la santé, aux services et à l'économie — déformant le classement en faveur des territoires frais et humides au-delà de ce que les données justifient.

Traitement retenu : mesure et publication de la corrélation entre les deux familles d'indicateurs, plafonnement du poids combiné des deux domaines plutôt que somme de deux poids fixés indépendamment, et test du choix en analyse de sensibilité.

5. Corriger la règle, jamais la valeur#

Quand une valeur aberrante résulte d'une règle générale mal adaptée à un cas particulier, c'est la règle qui est corrigée. Une viabilité agricole tombée à 0,0 — valeur de bord dangereuse en normalisation — découlait d'une règle traitant l'irrigation comme un facteur aggravant uniforme, ce qui est faux là où une nappe alluviale abondante maintient un indice d'exploitation modéré. La règle est donc conditionnée au contexte hydrogéologique, et cette formulation vaut pour tous les départements concernés.

Les règles d'écriture qui gouvernent ce site#

Elles s'appliquent à chaque chiffre publié, sans exception.

  • Aucun seuil non mesuré. Tout seuil publié doit avoir été calculé et sa mesure citée. Un seuil qui ne peut pas être mesuré s'écrit en toutes lettres comme une convention, jamais comme un résultat.
  • Demander la provenance avant de relayer. Reprendre le chiffre d'un tiers sans demander d'où il vient n'est pas neutre — relayer engage autant que produire.
  • Aucun chiffre extérieur sans sa dispersion. Savoir qu'un chiffre vient d'une source ne dit pas s'il est un minimum, une médiane ou une moyenne. Un minimum publié sans son étendue est une forme de fausse précision même quand le nombre est exact.
  • Les quantiles ne s'additionnent pas. Additionner deux médianes produit un chiffre ne correspondant à aucun cas réel. Sur un parcours en plusieurs tronçons, chaque tronçon est publié avec sa dispersion et le total est laissé non chiffré.
  • Maille et pondération sont des paramètres de modèle, à déclarer — jamais des détails techniques.
  • Ne rien fabriquer. Une lacune écrite vaut mieux qu'un chiffre plausible.

La règle des quartiles, ou comment une fiche dit « le quart le plus exposé »#

Le bloc « En bref » en tête de chaque fiche de territoire situe quelques grandeurs dans la distribution des autres territoires. C'est la seule qualification que le site s'autorise sur un territoire, et elle obéit à quatre règles publiées ici.

1. Quelles grandeurs peuvent être situées — 23 sur 67. Une position n'a de sens que si le sens de lecture de la grandeur est arbitré : il faut savoir laquelle des deux extrémités est la moins favorable. Deux ensembles le sont — les 19 grandeurs qui portent déjà la couleur sur la carte, toutes déclarées « valeur haute = moins favorable », et cinq parts d'aléa de même fichier, même maille et même sens que des grandeurs déjà colorées (parts de logements et de surface en enveloppe d'inondation et en zone de submersion, part de surface en aléa retrait-gonflement moyen ou fort). Une seule de ces 24 est écartée, le compte de communes inscrites au recul du trait de côte : c'est un effectif absolu, qui suit la taille du territoire, et sa source en fait une liste de communes volontaires, pas une carte d'aléa. Restent 23 grandeurs sur 67. Les 44 autres n'en reçoivent jamais : le prix du mètre carré est favorable à l'acheteur et défavorable au vendeur, un parc ancien est frais l'été et mal isolé l'hiver, une couverture PPRN élevée dit à la fois une protection organisée et un aléa reconnu. Leur valeur reste affichée, sans qualificatif.

2. Sur quelle population le quart est compté. Sur les territoires mesurés de cette grandeur, et sur eux seuls — jamais sur les 1 236. La submersion marine n'est publiée que pour 188 intercommunalités littorales : le quart le plus exposé y est le quart de 188, et la fiche écrit ce nombre à côté de la phrase. Un territoire sans valeur n'entre pas au dénominateur, et une absence de mesure n'y devient jamais un zéro.

3. Ce que « dans le quart » veut dire exactement. « Ce territoire est dans le quart le plus exposé des N territoires mesurés » signifie qu'au plus un quart de ces N territoires ont une valeur supérieure ou égale à la sienne. Symétriquement pour le quart le moins exposé, avec « inférieure ou égale ». Le calcul est un rang, pas un quantile interpolé : sur une grandeur à paliers — la classe de potentiel radon n'en a que trois —, un troisième quartile interpolé vaudrait 3 alors que bien plus d'un quart des territoires valent 3, et la fiche annoncerait un quart qui n'en est pas un. Avec la règle du rang, les ex æquo comptent des deux côtés : quand ils débordent du quart, aucune phrase n'est écrite. Une même grandeur ne peut donc jamais coincer et aller à la fois.

4. Combien de phrases, et lesquelles. Au plus trois « ce qui coince » et trois « ce qui va », retenues par écart à la borne du quart : celle qui dépasse la borne le plus franchement passe devant. L'écart est rapporté à la distance entre les deux bornes de la même grandeur, faute de quoi quarante kilomètres jusqu'à l'université écraseraient sept dixièmes de microgramme de métabolite. C'est aussi ce qui permet à la fenêtre d'un territoire sur la carte de dire les mêmes positions que sa fiche : elle ne connaît que les deux bornes, et le même classement s'en déduit. Un même sujet ne prend qu'une place : les parts de population, de logements et de surface en enveloppe d'inondation disent le même phénomène avec trois dénominateurs, et la fiche n'en retient qu'une. Les deux côtés sont écrits dès qu'il y a matière — une synthèse qui ne dirait que le favorable serait un verdict déguisé. Et un côté sans matière le dit : « Rien ne ressort en bien dans ce que l'on mesure ici. » Un seul côté montré, l'autre disparu en silence, ne se distinguerait pas d'un bloc perdu en route — et ressemblerait à un verdict à sens unique. Quand les deux côtés sont vides, les deux le disent, chacun dans ses mots : une fiche muette des deux côtés serait la plus ambiguë de toutes.

Les quartiles sont recalculés à chaque construction du site depuis le contrat de données territoires.json ; ils ne sont stockés nulle part. Ce ne sont pas des grandeurs du modèle, mais une lecture de sa distribution.

Cadre climatique et fond de carte#

Les projections suivent la TRACC (Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l'Adaptation) : +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050, +4 °C en 2100 en France métropolitaine.

Fond de carte : contours communaux IGN ADMIN EXPRESS COG, fusionnés par intercommunalité (suppression des frontières internes, arcs partagés conservés une seule fois), simplifiés après la fusion par Douglas-Peucker avec préservation de la topologie, projetés en conique conforme de Lambert (paramètres Lambert-93). La carte est taillée pour l'échelle nationale : c'est la géométrie communale, cinq fois plus fine, qui sert dès qu'on descend dans un territoire.

Ce que la méthode ne couvre pas#

La limite la plus profonde de ce dispositif n'est pas dans cette page : c'est que le choix d'agrégation — moyenne pondérée par la population ou médiane communale — n'est déclaré nulle part dans la grille d'indicateurs, alors qu'il change des verdicts. Elle est exposée dans Limites, avec la mesure de son effet.